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Sacrés objets

Je suis votre nouveau soleil!

ÉCRIT PAR : L'horloge
PUBLIÉ LE : 4 septembre 2017

Longtemps, les Québécois n’ont pas eu besoin de moi.

Il faut savoir que le Québec a longtemps été une société agricole, disséminée sur un immense territoire. Et au Québec, on le sait, les saisons sont très marquées. Jusqu’à l’ère industrielle, on se fiait au soleil pour marquer le temps.

On se levait avec lui aux aurores pour travailler aux champs ou nourrir le bétail, et la journée se terminait lorsqu’il se couchait. Ça, c’était surtout l’été. En hiver, le travail agricole est au ralenti. On se lève tard et on se couche tôt, au rythme des solstices.

Encore aujourd’hui, les visiteurs européens sont surpris de voir que les Québécois prennent leur repas du soir si tôt. Alors qu’à Barcelone, Rome ou Athènes, on commence à dîner vers 21 h, à Montréal, Québec et Chibougamau, le « souper » est terminé à 18 h 30 au plus tard.

Comme la plupart des pays nordiques, le Québec vit au rythme des saisons et de la course du soleil. C’est un peu moins vrai aujourd’hui, mais les traditions ont la vie dure et beaucoup de Québécois y sont encore très attachés.

Ce n’est qu’avec l’entrée du Québec dans la modernité que j’ai commencé à avoir une certaine utilité. Vers le milieu du XXe siècle, le Québec est devenu de plus en plus urbain, de plus en plus industriel. Finis, les repères folkloriques liés aux saisons ou au soleil. Et moi, l’horloge, je suis devenue un outil de la vie de tous les jours. Avant cela, j’étais un bibelot de luxe que l’on ne trouvait que dans les maisons des grands bourgeois de Montréal ou de Québec. Ensuite, j’ai commencé à me répandre un peu partout. À commencer par l’usine.

Les anciens agriculteurs, qui arrivaient en masse au début du XXe siècle dans les villes afin d’améliorer leur qualité de vie et de trouver du travail, ont dû apprendre à m’obéir et à régler leur vie sur la course de mes aiguilles, plutôt que sur celle du soleil. Hiver comme été.

Tranquillement, avec beaucoup de patience, un « tic » après l’autre, j’ai presque effacé les saisons au Québec. Aujourd’hui, on vit à Montréal presque comme à Madrid. Certains s’en plaignent, disent que c’est contre la nature humaine de vouloir combattre le rythme des saisons et que les Québécois devraient adopter un style de vie plus en harmonie avec leur environnement. Blablabla… Moi, je dis que si le Québec veut participer au « concert des nations » et se faire une « place au soleil », il doit se mettre à l’heure du monde. Et l’heure du monde, c’est moi qui la donne.

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